Le médicament est bien maltraité en psychiatrie.
Victime d'à priori ("ils veulent faire des légumes", "on perd sa personnalité"), de la mauvaise compréhension d'études récentes ("les antidépresseurs, ca ne marche pas"), voire du lobbying de certaines sectes "antipsy", certaines étant venues poster sur ce blog même…
Et victime de ses effets indésirables, aussi (sédation, prise de poids pour de nombreux psychotropes).
Pourtant, les « anti-psychotropes » ont rarement eu à prendre en charge une mélancolie délirante, une schizophrénie très productive et les souffrances endurées par le patient et sa
famille.
L'image d'Epinal du psychiatre abrutissant de sédatifs tous ses patients est avant tout liée à la représentation qu'on se fait de la maladie mentale. Quand on ne connait pas, quand on pense que
tout ca n'est pas bien grave, que ca passera tout seul, alors la justification d'un médicament est difficile.
La prescription en psychiatrie doit également rechercher des standards plus élevés, comme la monothérapie, rarement appliquée en pratique, ou la prise en compte des effets indésirables dans le
choix de la molécule, et dans son arrêt éventuel.
Ce jour là, après avoir balayé devant notre porte, en gagnant en rigueur et en respectabilité, nous pourrons commencer à pointer la paille dans l’œil du voisin, et à protéger les patients des soins « alternatifs », new-age et autres prises en charges ésotériques qui semblent pour l’heure largement tolérées par notre conseil de l’ordre.






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