Actualités en psychiatrie

 

Sexe, drogue, mensonges et sciences !


Nouvelles neuves de médecine et d'ailleurs
Dimanche 6 avril 2008

Le médicament est bien maltraité en psychiatrie.

 

Victime d'à priori ("ils veulent faire des légumes", "on perd sa personnalité"), de la mauvaise compréhension d'études récentes ("les antidépresseurs, ca ne marche pas"), voire du lobbying de certaines sectes "antipsy", certaines étant venues poster sur ce blog même…

Et victime de ses effets indésirables, aussi  (sédation, prise de poids pour de nombreux psychotropes).

Pourtant, les « anti-psychotropes » ont rarement eu à prendre en charge une mélancolie délirante, une schizophrénie très productive et les souffrances endurées par le patient et sa famille.

L'image d'Epinal du psychiatre abrutissant de sédatifs tous ses patients est avant tout liée à la représentation qu'on se fait de la maladie mentale. Quand on ne connait pas, quand on pense que tout ca n'est pas bien grave, que ca passera tout seul, alors la justification d'un médicament est difficile.

La prescription en psychiatrie doit également rechercher des standards plus élevés, comme la monothérapie, rarement appliquée en pratique, ou la prise en compte des effets indésirables dans le choix de la molécule, et dans son arrêt éventuel.

Ce jour là, après avoir balayé devant notre porte, en gagnant en rigueur et en respectabilité,  nous pourrons commencer à pointer la paille dans l’œil du voisin, et à protéger les patients des soins « alternatifs », new-age et autres prises en charges ésotériques qui semblent pour l’heure largement tolérées par notre conseil de l’ordre.




par yann publié dans : Divers
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Samedi 22 mars 2008
Science.gif


Publier n'est pas facile.
Les revues deviennent de plus en plus exigeantes, et la validation d'une échelle sur une centaine de patient ne mérite même plus une publication à elle seule, dans quelque revue internationale que ce soit.

Les "Majors" (les dix meilleures revues) exigent des milliers de patients suivis de longs mois avec des évaluations fines...
Bref, un truc réservé aux riches équipes américaines.

Science, l'une des meilleures revues scientifiques, vient de prouver le contraire.

Une équipe vient de publier un travail ne portant que des petits échantillons, et prouvant, en substance, que l'argent ne fait pas le bonheur, mais que le distribuer un peu y contribue.

Leur travail a été réalisé en 4 parties.

1) Demander à 632 américains ce qu'ils font comme cadeau à eux mêmes à aux autres, et évaluer leur niveau de bonheur.
 Verdict: Ceux qui donnent sont plus heureux.

2) Évaluer le niveau de bonheur de 16 employés avant une prime annuelle, puis après qu'ils l’ont reçus et dépensé:
Ceux qui ont donné leur prime à leur entourage sont plus heureux.

3) Donner 5 ou 20 dollars à 46 sujets, leur demander de les dépenser dans la journée soit pour eux soit pour les autres (de façon imposée):
Ceux qui ont donnée sont plus heureux, quelle que soit la somme.

4) Demander à 109 étudiants si ils seraient plus heureux si on leur donnait 5 ou 20 dollars, et si on leur imposait de le donner ou de le dépenser pour eux:
Ils se trompent (presque) tous!

Au total, une étude qui ne coûte pas grand chose, plutôt sexy et originale qui change un peu des études d'association génome entier ou des imageries portant sur 5000 patients.

Un petit truc m'a chiffonné dans ce travail, une variable pas prise en compte qui change un peu la donne, je trouve...
Et vous, une idée ?

par yann publié dans : Articles médicaux et scientifiques
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Lundi 4 février 2008
Après l'heure, c'est plus l'heure...

Après deux rappels à l'ordre, c'est trop tard, les participants sont partis sans moi...

Tant pis, je vous parle quand meme de la relation médecin malade, puisqu'il s'agisait du thème imposé par les deux organisateurs, Zeclarr et Lawrence dans le cadre du premier carnaval des blogs medicaux.

La relation médecin malade est souvent examinée de façon assez unilatérale, c'est-à-dire du médecin vers le patient. Les effets des contre-attitudes des médecins sur leurs patients font l’essentiel de cette approche. Les effets des attitudes des patients sur leurs médecins sont, à l’inverse, relativement négligé.

La psychanalyse a permit de commencer à s’intéresser à ce que ressentait le médecin, en utilisant ce qu’elle a définit comme le contre-tranfert. Ce dernier regroupe l’ensemble des réactions, positives ou non, que le médecin a avec son patient. L’utilisation de ce contre-tranfert était relativement novateur.

Plus simplement, peut-être, une des rubriques du JAMA s’est centrée sur les introspections de médecins confrontés à des patients difficiles.

Un des derniers articles reprenait la trajectoire d’un médecin américain d’origine etrangère, dont les patients tour à tour vantaient le caractère sérieux propre aux « gens comme [lui] » ou encore préféraient être soigné par un médecin de la même origine qu’eux.

En lisant cette rubrique intelligente, on peut se demander jusqu’ou les soignant peuvent accepter les patients « tels qu’ils sont », avec leurs fantasmes, leurs exigences, et leurs représentations de la maladie et des soignants.

Par exemple, peut-on accepter, dans une prise en charge hospitalière, qu’un patient refuse d’être soigné par un médecin noir ou asiatique ?

Et si l’opposition aux soins a lieur dans l’urgence, et qu’elle met en jeu la vie du patient ? , Faut-il alors être confrontant et en venir à sédater un patient qui s’agite, ou entendre que le patient est enfermé dans ses convictions, et passer la main à un médecin que le patient acceptera ?

Cette introspection du JAMA, touchante, contraste avec un éditorial réalisé par un cardiologue caricatural.

Les cardiologues sont parfois (souvent !) critiqués pour leur suffisance, et cet éditorial intitulé "The cardiologist as a role model" (sic!) vient soutenir cette image d’Epinal, puisqu’il se demande comment cette spécialité peut encore être un exemple pour les autres et pour le monde…

Les introspections des médecins quant à leur relation à leur patient intéressent particulièrement les revues, comme l’American Journal of Psychiatry qui en publie mensuellement.

Elles se suivent et ne se ressemblent donc pas !

par yann publié dans : Divers
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Dimanche 16 décembre 2007
Petite annonce à caractère non-commercial:

Zeclarr, le petit urgentiste roux, change de blog,
On peut desormais le trouver ICI

Etant visiblement en galère avec l'ancien hébergeur, pas d'autre moeyn que le bouche à oreille et le blog à blog pour faire passer le message !
par yann publié dans : Divers
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Dimanche 9 décembre 2007
Pas facile de commencer à lire au début de l'internat de psychiatrie..
Les revues sont l'essentiel de la formation médicale, la plupart sont des revues internationales, les quleques revues francaises existantes etant de très mauvaise qualité.

Voici quelques revues qui m'ont été conseillés, d'autres dont j'aurais aimé qu'on me les conseillle:
  • L'American Journal of Psychiatry: une des meilleures revues de psychiatrie internationale, d'orientation clairement biologique mais avec pas mal d'articles portant sur la clinique, de revue de la littérature, de cas...Tout ce dont on parle dansles C.H.Us, souvent sans que personne n'ait réellement lu les papiers.  Le meilleur rapport qualité/lisibilité/prix, qui reste tout de meme très cher (330 dollars) mais beaucoup plus formateur que touls les livres et séminaires du monde. En photocopier réguliérement quelques articles dans le service avant de s'abonner, pour voir si la fomule convient, avanat de s'abonner sans hésiter !
  • Les Archives of General Psychiatry: la meilleure revue de la discipline, l'impact factor le plus elevé, la plus exigeante en terme de details méthodoologiques, ce qui en fait aussi la plus difficile à lire...C'est une revue de référence, "Ce qui est écrit dans les archives, c'est la réalité".
  • The British Journal of Psychiatry: ma préférée. La "revue jaune" n'a pourtant rien pour elle: un papier recyclé, mat, aucune illustration couleur, un contenu souvent centré sur le Royaume-Uni et les anciennes colonies, et un style british qui se sent jusque dans les commentaires et l'humour de l'éditeur en chef, Peter Tyrer (voir ma note sur ce blog). C'est la première revue que j'ai lue, en DCEM4...un article sur la représentation des maladies mentales dans les dessins animés (!) , et depuis, je reste fan !
  • The Journal of Clinical Psychiatry: une des rares revues généraliste qui reste centrée -au moins encore un peu- sur la clinique. La publication, comme toutes les autres revues, est mensuelle, maisle JCP est partculièrement en retard chaque mois sur ses livraisons.
  • Molecular Psychiatry: le genre de revue qui monte, qui monte.. Passée recemment devant Bological Psychiatry en terme d'Impact Factor, Molecular n'est pas du tout clinique, et plutot centré sur les aspects génétiques des troubles mentaux. Interessant si on fait de la génétique, sans interet et illisible sinon.
  • Biological psychiatry: La grosse revue (deux numéros par mois, au moins 10 articles par numéros) qui fournit la plupart des biblios de services...Impossible de ne pas trouver sons bonheur devant la diversité et la qualité des articles proposés, asssez généralistes et lisibles.
  • Acta Psychiatrica Scandinavica: une revue de psychiatrie générale -il en reste peu- assez interessante très lisible, mais d'impact factor plus modeste.
  • Canadian journal of psychiatry: revue très moyene, généraliste. Les deux particularités sont d'une part sa gratuité totale, d'autre part son catractère semi-francophone, quelques articles etant publiés en langue francaise.
  • Addiction: la meilleure revue généraliste en addictologie. L'Impact factor reste modeste.
par yann publié dans : Articles médicaux et scientifiques
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