Actualités en psychiatrie

 

Sexe, drogue, mensonges et sciences !


Nouvelles neuves de médecine et d'ailleurs
Lundi 4 février 2008
Après l'heure, c'est plus l'heure...

Après deux rappels à l'ordre, c'est trop tard, les participants sont partis sans moi...

Tant pis, je vous parle quand meme de la relation médecin malade, puisqu'il s'agisait du thème imposé par les deux organisateurs, Zeclarr et Lawrence dans le cadre du premier carnaval des blogs medicaux.

La relation médecin malade est souvent examinée de façon assez unilatérale, c'est-à-dire du médecin vers le patient. Les effets des contre-attitudes des médecins sur leurs patients font l’essentiel de cette approche. Les effets des attitudes des patients sur leurs médecins sont, à l’inverse, relativement négligé.

La psychanalyse a permit de commencer à s’intéresser à ce que ressentait le médecin, en utilisant ce qu’elle a définit comme le contre-tranfert. Ce dernier regroupe l’ensemble des réactions, positives ou non, que le médecin a avec son patient. L’utilisation de ce contre-tranfert était relativement novateur.

Plus simplement, peut-être, une des rubriques du JAMA s’est centrée sur les introspections de médecins confrontés à des patients difficiles.

Un des derniers articles reprenait la trajectoire d’un médecin américain d’origine etrangère, dont les patients tour à tour vantaient le caractère sérieux propre aux « gens comme [lui] » ou encore préféraient être soigné par un médecin de la même origine qu’eux.

En lisant cette rubrique intelligente, on peut se demander jusqu’ou les soignant peuvent accepter les patients « tels qu’ils sont », avec leurs fantasmes, leurs exigences, et leurs représentations de la maladie et des soignants.

Par exemple, peut-on accepter, dans une prise en charge hospitalière, qu’un patient refuse d’être soigné par un médecin noir ou asiatique ?

Et si l’opposition aux soins a lieur dans l’urgence, et qu’elle met en jeu la vie du patient ? , Faut-il alors être confrontant et en venir à sédater un patient qui s’agite, ou entendre que le patient est enfermé dans ses convictions, et passer la main à un médecin que le patient acceptera ?

Cette introspection du JAMA, touchante, contraste avec un éditorial réalisé par un cardiologue caricatural.

Les cardiologues sont parfois (souvent !) critiqués pour leur suffisance, et cet éditorial intitulé "The cardiologist as a role model" (sic!) vient soutenir cette image d’Epinal, puisqu’il se demande comment cette spécialité peut encore être un exemple pour les autres et pour le monde…

Les introspections des médecins quant à leur relation à leur patient intéressent particulièrement les revues, comme l’American Journal of Psychiatry qui en publie mensuellement.

Elles se suivent et ne se ressemblent donc pas !

Par yann - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 16 décembre 2007
Petite annonce à caractère non-commercial:

Zeclarr, le petit urgentiste roux, change de blog,
On peut desormais le trouver ICI

Etant visiblement en galère avec l'ancien hébergeur, pas d'autre moeyn que le bouche à oreille et le blog à blog pour faire passer le message !
Par yann - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 9 décembre 2007
Pas facile de commencer à lire au début de l'internat de psychiatrie..
Les revues sont l'essentiel de la formation médicale, la plupart sont des revues internationales, les quleques revues francaises existantes etant de très mauvaise qualité.

Voici quelques revues qui m'ont été conseillés, d'autres dont j'aurais aimé qu'on me les conseillle:
  • L'American Journal of Psychiatry: une des meilleures revues de psychiatrie internationale, d'orientation clairement biologique mais avec pas mal d'articles portant sur la clinique, de revue de la littérature, de cas...Tout ce dont on parle dansles C.H.Us, souvent sans que personne n'ait réellement lu les papiers.  Le meilleur rapport qualité/lisibilité/prix, qui reste tout de meme très cher (330 dollars) mais beaucoup plus formateur que touls les livres et séminaires du monde. En photocopier réguliérement quelques articles dans le service avant de s'abonner, pour voir si la fomule convient, avanat de s'abonner sans hésiter !
  • Les Archives of General Psychiatry: la meilleure revue de la discipline, l'impact factor le plus elevé, la plus exigeante en terme de details méthodoologiques, ce qui en fait aussi la plus difficile à lire...C'est une revue de référence, "Ce qui est écrit dans les archives, c'est la réalité".
  • The British Journal of Psychiatry: ma préférée. La "revue jaune" n'a pourtant rien pour elle: un papier recyclé, mat, aucune illustration couleur, un contenu souvent centré sur le Royaume-Uni et les anciennes colonies, et un style british qui se sent jusque dans les commentaires et l'humour de l'éditeur en chef, Peter Tyrer (voir ma note sur ce blog). C'est la première revue que j'ai lue, en DCEM4...un article sur la représentation des maladies mentales dans les dessins animés (!) , et depuis, je reste fan !
  • The Journal of Clinical Psychiatry: une des rares revues généraliste qui reste centrée -au moins encore un peu- sur la clinique. La publication, comme toutes les autres revues, est mensuelle, maisle JCP est partculièrement en retard chaque mois sur ses livraisons.
  • Molecular Psychiatry: le genre de revue qui monte, qui monte.. Passée recemment devant Bological Psychiatry en terme d'Impact Factor, Molecular n'est pas du tout clinique, et plutot centré sur les aspects génétiques des troubles mentaux. Interessant si on fait de la génétique, sans interet et illisible sinon.
  • Biological psychiatry: La grosse revue (deux numéros par mois, au moins 10 articles par numéros) qui fournit la plupart des biblios de services...Impossible de ne pas trouver sons bonheur devant la diversité et la qualité des articles proposés, asssez généralistes et lisibles.
  • Acta Psychiatrica Scandinavica: une revue de psychiatrie générale -il en reste peu- assez interessante très lisible, mais d'impact factor plus modeste.
  • Canadian journal of psychiatry: revue très moyene, généraliste. Les deux particularités sont d'une part sa gratuité totale, d'autre part son catractère semi-francophone, quelques articles etant publiés en langue francaise.
  • Addiction: la meilleure revue généraliste en addictologie. L'Impact factor reste modeste.
Par yann - Publié dans : Articles médicaux et scientifiques
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Vendredi 23 novembre 2007
Tim Crow, c'est lui, là, à gauche.

Comme vous pouvez voir ici, c'est pas un jeune premier de la psychiatrie.
C'est un peu un dinosaure, largement respecté, et en général, les dinosaures savent se tenir.


Par exemple, lorsqu'ils critiquent l'article d'un confrère, les dinosaures, ca prend des pincettes, et les articles ou les lettres à l'éditeur ressemblent souvent à des échanges de politesses.


Mais Tim, il faut pas lui souffler trop longtemps dans les bronches.


Un exemple récent, ou plutôt deux, publiés à quelques mois d'intervalle dans le British.


Deux courants s'affrontent en psychiatrie génétique, notamment pour la schizophrénie. Certains disent que si des gènes prédisposent à la schizophrénie, ils doivent être nombreux, tout ca doit être compliqué et c'est bien pour ca qu'on ne trouve pas grand chose.


Les autres au contraire, dont Tim Crow, pensent qu'un variant d'un gène peut avoir un rôle majeur, mais que si il est rare, on peut avoir du mal à le trouver.


En tout cas, Tim pense être sur la voie, et pense que les autres se trompent, ...alors il leur dit, une premiere fois, dans le British Journal of Psychiatry:


"it is difficult to see that DISC1 can have an important role in the development of psychosis  as Muir et al argue.
The evidence has been overinterpreted.".

Soit "il est difficile de voir que DISC1 (un gène étudié par Muir et de nombreux autres, NDT) pourrait avoir un "rôle important dans le développement de la psychose comme Muir et collaborateurs le prétendent. Les preuves ont été sur-interprétées".

Dans les dents...!

Un peu plus tard, toujours dans le British, un autre commentaire pour d'autres auteurs, sur le même sujet :


"In their "common disease  rare alleles" hypothesis McClellan et al (2007) come close to formulating an untestable theory.(...)

While McClellan et al's hypothesis promises a search for elusive rare alleles that will never reach a conclusion, Craddock et al (2007) perseverate in their claim that "Several genes have been implicated repeatedly as conferring risk for schizophrenia or bipolar disorder".

Comparison of the largest and most systematic linkage studies, including those of Craddock et al themselves, shows that these claims cannot be sustained (Crow, 2007)"

Soit:


"Dans leur article "maladie commune-allèles rares", McClellan et collaborateurs en viennent presque à formuler une théorie intestable. (...).

Tandis que l'hypothèse de McClellan (i.e des gènes nombreux concourent à la schizophrénie, NDT) nous garantit une recherche d'allèles hypothétiques d'allèles rares qui ne mèneront jamais à une conclusion, Craddock et al (une autre pointure de la psychiatrie génétique, NDT) persévèrent dans leur affirmation que "plusieurs gènes ont été impliqués de façon répétés (i.e dans différents travaux, NDT) dans le trouble bipolaire et dans la schizophrénie".

La comparaison des études de liaison les plus grandes et les plus systématiques, y compris celles de Craddock lui-même, montre que ces affirmations ne peuvent pas être soutenues."

Tim, il est gentil, mais il faut pas lui souffler dans les bronches...



Par yann - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 22 juillet 2007
Peter Tyrer est le très British editeur en chef du très British  "British Journal of Psychiatry".

Il commente chaque mois les articles de sa revue et l'actualité psychiatrique avec un humour...so British!

Je ne résiste pas à la tentation et je vous livre un extrait de l'edito de ce mois (juillet 2007).

Peter Tyrer y évoque le délicat problème des modèles animaux appliqués aux sciences du comportement, et à la psychiatrie en particulier.

Qu'est-ce qu'un modèle animal d'anxiété, en quoi est-il pertinent pour l'homme.

Et, plus complexe probablement, qu'est-ce qu'un modèle animal de schizophrénie ?
Une pathologie aussi complexe peut-elle bénéficier de modéles animaux pertinents ?

Tyrer propose certaines des possibilités suivantes pour dénfinir un bon modèle de "souris schizophrène":

1) Idées délirantes: La souris croit qu'elle conduit une expérience sur le chercheur. La souris pense passer plus de temps à observer le chercheur qu'il n'en passe à observer la souris.
(...)

3) Hallucinations visuelles et délire paranoïde: La souris croit que sa queue est un serpent et essaye de fuir. Placée en face de plusieurs autres souris, elle croit que leurs queue représente une menace et peut attaquer ("perdre la tête mais gagner des queues" - "Head you loose, tails you win" 1).

4) Humeur délirante: La souris et le chercheur sentent tous deux qu'il y a quelque chose de drole qui se passe, mais ne peuvent dire quoi.

5) Passivité: La souris pense que son esprit est sous le total controle du chercheur et attend les instructions.



1: Jeu de mot avec Head: tete mais aussi face d'un piece, et Tail, queue mais aussi coté pile d'une piéce. La phrase est normalement l'inverse, et tail au singulier: "Head you win, tail you loose".


Par yann - Publié dans : Articles médicaux et scientifiques
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus