Sexe, drogue, mensonges et sciences !
Nouvelles neuves de médecine et d'ailleurs
Via l’excellent Blog du Dr Carlat, psychiatre américain,
Suite à quelques problèmes techniques, je ne recevais plus la version papier du British Journal of Psychiatry..
C’est désormais réglé, et j’ai reçu les 6 derniers mois d’un bloc..et c’est le choc,
La revue s’est largement modernisée, le papier, qui était épais et un peu terne est désormais glacé,
Les articles sont en deux couleurs, il ya une photo en couverture (et en couleurs) là où les années précédentes, tous les numéros étaient uniformément jaunes…
Bref, une vraie avancée vers la modernité !
…
…Je déteste !
C’est justement ce qui faisait le charme de cette reçue, le coté désuet, à coté de la plaque de la forme (austère) et parfois du fond (l’humour de Peter Tyrer, les travaux centrées sur les anciennes colonies britanniques).
Le premier éditorial soulignait avec humour le narcissisme chez les universitaires en psychiatrie (et probablement dans d’autres domaines).
Peter Tyrer (l’éditeur en chef) citait un orateur au cours du dernier congrès de l’American Psychiatric Association qui avançait 80% de troubles de la personnalité type narcissique dans cette population.
Bon, ca vaut ce que ca vaut, mais ca avait du faire son effet dans la salle !
Il citait également un article, publié dans le dernier numéro spécial de la revue, dont les références étaient pour 28% d’entre elles des autocitations…
Ce dernier article a été particulièrement critiqué par Peter Tyrer puisqu’il évoque une revue « biaisée, egocentrique et arrogante » d’un auteur qui se cite lui-même de façon excessive….
En tournant la page, et en regardant la référence, on s’aperçoit que cet auteur…c’est lui !
I like your sense of humor Peter !
Un des avantages du NIH, l'agence
américaine de la Santé, c'est qu'ils ont des moyens conséquents.Le médicament est bien maltraité en psychiatrie.
Victime d'à priori ("ils veulent faire des légumes", "on perd sa personnalité"), de la mauvaise compréhension d'études récentes ("les antidépresseurs, ca ne marche pas"), voire du lobbying de certaines sectes "antipsy", certaines étant venues poster sur ce blog même…
Et victime de ses effets indésirables, aussi (sédation, prise de poids pour de nombreux psychotropes).
Pourtant, les « anti-psychotropes » ont rarement eu à prendre en charge une mélancolie délirante, une schizophrénie très productive et les souffrances endurées par le patient et sa
famille.
L'image d'Epinal du psychiatre abrutissant de sédatifs tous ses patients est avant tout liée à la représentation qu'on se fait de la maladie mentale. Quand on ne connait pas, quand on pense que
tout ca n'est pas bien grave, que ca passera tout seul, alors la justification d'un médicament est difficile.
La prescription en psychiatrie doit également rechercher des standards plus élevés, comme la monothérapie, rarement appliquée en pratique, ou la prise en compte des effets indésirables dans le
choix de la molécule, et dans son arrêt éventuel.
Ce jour là, après avoir balayé devant notre porte, en gagnant en rigueur et en respectabilité, nous pourrons commencer à pointer la paille dans l’œil du voisin, et à protéger les patients des soins « alternatifs », new-age et autres prises en charges ésotériques qui semblent pour l’heure largement tolérées par notre conseil de l’ordre.
Publier n'est pas facile.
Les revues deviennent de plus en plus exigeantes, et la validation d'une échelle sur une centaine de patient ne mérite même plus une publication à elle seule, dans quelque revue internationale
que ce soit.
Les "Majors" (les dix meilleures revues) exigent des milliers de patients suivis de longs mois avec des évaluations fines...
Bref, un truc réservé aux riches équipes américaines.
Science, l'une des meilleures revues scientifiques, vient de prouver le contraire.
Une équipe vient de publier un travail ne portant que des petits échantillons, et prouvant, en substance, que l'argent ne fait pas le bonheur, mais que le distribuer un peu y contribue.
Leur travail a été réalisé en 4 parties.
1) Demander à 632 américains ce qu'ils font comme cadeau à eux mêmes à aux autres, et évaluer leur niveau de bonheur.
Verdict: Ceux qui donnent sont plus heureux.
2) Évaluer le niveau de bonheur de 16 employés avant une prime annuelle, puis après qu'ils l’ont reçus et dépensé:
Ceux qui ont donné leur prime à leur entourage sont plus heureux.
3) Donner 5 ou 20 dollars à 46 sujets, leur demander de les dépenser dans la journée soit pour eux soit pour les autres (de façon imposée):
Ceux qui ont donnée sont plus heureux, quelle que soit la somme.
4) Demander à 109 étudiants si ils seraient plus heureux si on leur donnait 5 ou 20 dollars, et si on leur imposait de le donner ou de le dépenser pour eux:
Ils se trompent (presque) tous!
Au total, une étude qui ne coûte pas grand chose, plutôt sexy et originale qui change un peu des études d'association génome entier ou des imageries portant sur 5000 patients.
Un petit truc m'a chiffonné dans ce travail, une variable pas prise en compte qui change un peu la donne, je trouve...
Et vous, une idée ?
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