Tim Crow, le pourfendeur de la psychiatrie génétique

Publié le par yann

Tim Crow, c'est lui, là, à gauche.

Comme vous pouvez voir ici, c'est pas un jeune premier de la psychiatrie.
C'est un peu un dinosaure, largement respecté, et en général, les dinosaures savent se tenir.


Par exemple, lorsqu'ils critiquent l'article d'un confrère, les dinosaures, ca prend des pincettes, et les articles ou les lettres à l'éditeur ressemblent souvent à des échanges de politesses.


Mais Tim, il faut pas lui souffler trop longtemps dans les bronches.


Un exemple récent, ou plutôt deux, publiés à quelques mois d'intervalle dans le British.


Deux courants s'affrontent en psychiatrie génétique, notamment pour la schizophrénie. Certains disent que si des gènes prédisposent à la schizophrénie, ils doivent être nombreux, tout ca doit être compliqué et c'est bien pour ca qu'on ne trouve pas grand chose.


Les autres au contraire, dont Tim Crow, pensent qu'un variant d'un gène peut avoir un rôle majeur, mais que si il est rare, on peut avoir du mal à le trouver.


En tout cas, Tim pense être sur la voie, et pense que les autres se trompent, ...alors il leur dit, une premiere fois, dans le British Journal of Psychiatry:


"it is difficult to see that DISC1 can have an important role in the development of psychosis  as Muir et al argue.
The evidence has been overinterpreted.".

Soit "il est difficile de voir que DISC1 (un gène étudié par Muir et de nombreux autres, NDT) pourrait avoir un "rôle important dans le développement de la psychose comme Muir et collaborateurs le prétendent. Les preuves ont été sur-interprétées".

Dans les dents...!

Un peu plus tard, toujours dans le British, un autre commentaire pour d'autres auteurs, sur le même sujet :


"In their "common disease  rare alleles" hypothesis McClellan et al (2007) come close to formulating an untestable theory.(...)

While McClellan et al's hypothesis promises a search for elusive rare alleles that will never reach a conclusion, Craddock et al (2007) perseverate in their claim that "Several genes have been implicated repeatedly as conferring risk for schizophrenia or bipolar disorder".

Comparison of the largest and most systematic linkage studies, including those of Craddock et al themselves, shows that these claims cannot be sustained (Crow, 2007)"

Soit:


"Dans leur article "maladie commune-allèles rares", McClellan et collaborateurs en viennent presque à formuler une théorie intestable. (...).

Tandis que l'hypothèse de McClellan (i.e des gènes nombreux concourent à la schizophrénie, NDT) nous garantit une recherche d'allèles hypothétiques d'allèles rares qui ne mèneront jamais à une conclusion, Craddock et al (une autre pointure de la psychiatrie génétique, NDT) persévèrent dans leur affirmation que "plusieurs gènes ont été impliqués de façon répétés (i.e dans différents travaux, NDT) dans le trouble bipolaire et dans la schizophrénie".

La comparaison des études de liaison les plus grandes et les plus systématiques, y compris celles de Craddock lui-même, montre que ces affirmations ne peuvent pas être soutenues."

Tim, il est gentil, mais il faut pas lui souffler dans les bronches...



Publié dans Divers

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Dr marc simonet 04/03/2009 11:52

merci pour ces infos,je vais le voir en conférencej'en suis impressionné à l'avance...

dodo 29/11/2007 21:38

ça fait plaisir de voir que tu as recommencé à écrire, il te faut maintenant reconquérir ton public!