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Nouvelles neuves de médecine et d'ailleurs

Lectures

Mercredi 17 janvier 2007
Ce livre a un titre ("De l'exaltation à la dépression : Confession d'une psychiatre maniaco-dépressive") probablement mensonger pour plusieurs raisons.

D'une part K.R Jamison est psychologue (et pas psychiatre) de formation, même si elle travaille et enseigne au sein d'un service de psychiatrie américain.

D'autre part, le diagnostic est surement plus compliqué que celui que le titre veut bien nous dire, mais c'est un autre sujet.

Les "confessions d'une psychiatre maniaco-dépressive", c'est à dire souffrant de trouble bipolaire, alternances d'etats d'exhalations, dits "maniaques" et de depressions, n'est pas une biographie.

 Ca n'est pas non plus un livre clinique.

 Ni  même une "psycho-biographie".

Ce sont bien des confessions.

K.R Jamison explique finement les symptomes des etats maniaques, les répercussions du trouble bipolaire sur la vie quotidienne.

Parle de folie.

Denonce le politiquement correct utilisé par tous (moi le premier) pour aborder la maladie mentale.
Et donne quelques tranches de vies significatives.


Par yann
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Mercredi 14 février 2007

"Aimez-vous le DSM ?" est un ouvrage au titre provocateur sorti il y a quelques années déjà.

Le DSM, c'est le Diagnostic and Statistical Manual, alias la bible des psychiatres dans le monde.

On y définit de façon consensuelle les troubles mentaux.
 C'est forcément arbitraire et contre intuitif, puisque certains critères sont nécessaires pour définir un trouble.
A titre d'exemple, si vous avez 3 réponses "oui" parmi les 9 questions posées, vous êtes déprimé - et il faut un traitement.
A contrario, si vous n'avez que trois réponses oui, vous n'êtes pas déprimé, et au revoir madame.

Bien entendu, pour les patients que l'on voit au quotidien, le raisonnement est bien plus complexe qu'une simple validation d'items "oui/non", mais le DSM a le mérite d'être simple et de faire que les psy parlent le même langage.

"Aimez-vous le DSM ? " est un ouvrage de bonne qualité, dont le défaut principal est ce titre provocateur qui sous-entend qu'on aurait raison de ne pas l'aimer.
En fait, le titre original se traduirait par "La vente du DSM. Rhétorique de la science en psychiatrie", ce qui est beaucoup moins sexy, mais aussi bien plus intéressant pour le lecteur ouvert d'esprit.

Les auteurs vont au delà du simple jugement de valeur  de type "Le DSM : c'est bien ou mal ? ".

Ils décrivent l'historique particulièrement intéressant de la nosographie américaine et internationale, ainsi que certains enjeux politiques mis à l'oeuvre dans la genèse du DSM.


Par yann
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Jeudi 15 février 2007
Au cours de mon internat, on m'a appris à éviter les jugements de valeur.

J'ai répété inlassablement aux externes avec lesquels j'ai travaillé de les éviter à leur tour.

"Que Mme Dupont qui vient pour dépression soit sympa ou non, ca n'est pas cela qui nous interesse."

"Non, les patients ne sont ni chiants ni gentils, ce sont leurs traits de personalité qu'il est interessant de décrire"

Bref, l'absence de jugements de valeur est probablement ce qui distingue le mieux le psychiatre de Marcel, le tenancier du bistrot du coin.

C'est évident pour tout le monde, mais pourquoi ?


De la même manière, les valeurs morales, religieuses ou autres de chacun doivent rester à la maison.

Facile à dire, mais est-ce faisable ?

Un épais bouquin est sorti, salué par plusieurs critiques de journaux internationaux (Clin J psychiatry, Am J psychiatry et Britsh J Psychiatry) pour parler des liens entre les valeurs (philosophiques ou morales) et le dagnostic en psychiatrie, en particulier le diagnostic porté à travers le DSM (voir post plus bas).

Je le commmence juste, et c'est un ouvrage intelligent, un peu dur à lire, mais passionnant, que l'on peut acheter ici
Par yann
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Mercredi 21 mars 2007
Je l'ai lu il y a maintenant quelques mois.
J'avais trouvé que  "L'entretien motivationnel " de Miller et Rollnick était l'un des bouquins les plus utiles que j' ai lu au cours de mon internat.
C'est toujours le cas.
La prise en charge des patients alcoolodépendants a radicalement changé pour moi depuis cette lecture et depuis les stages en unité spécalisée.
L'idée centrale d'eviter la confrontation avec les patients, de partir de là où ils sont pour les accompagner là où ils veulent, c'est à dire pas necesairement à où le médecin l'a décidé est une évidence.

Mais comme toutes les évidences, elle a besoin d'être rappelée, théorisée, expérimentée, travailllée....
Je ne suis pas un 'fan inconditionnel' des thérapies cognitivo-comportementales, dont l'entretien motivationnel se distingue d'ailleurs sous de nombreux aspects, notamment en restant plus compatible avec un abord psychopathologique des troubles.
C'est une vraie réussite, dans un anglais facile à lire, et qui s'adresse non seulement aux soignants qui prennent en charge des sujets dépendants (c'est à dire 90% des soignants, y compris les étudiants en médecine), mais également la plupart des pathologies psychaitriques ou somatiques.
Une version francaise existe.
Par yann
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Jeudi 22 mars 2007
Dans la série "les billets qui n'interessent que leur auteur", un petit mot sur ce bouquin, qui évalue l'impact de la biomédicalisation des études sur l'alcool.

Ecrit par une sociologue, il souligne la prise de pouvoir des médecin et de la recherche biomédiacle sur la dépendance à l'alcool.

L'auteur précise qu'il ne s'agit pas de faire un jugement de valeur(  quoique...), et souligne les effets bénéfiques de cette modification, tout en mettant en avant le manque de ressoureces financieres attribuées à d'autre discipline sur ce sujet.

Malheureusement, certaines parties trainent en longueur (notamment l'analyse du nombre de page consacrés à chaque discipline dans des comptes rendus de financement), et d'autres sont clairement "anti-médicale".
Cela dit, l'historique des institutions américaines comme le NIAAA est particuliérement bien documentée.
Quand à la realité de cette biomédicalisation, de l'alcoolisme, c'est une évidence, revendiquée par les médecins comme par (de nombreux) patients.
Par yann
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